Ouvrir son regard d’enfant. Chercher sans fin.
Prendre racine sans cesser de bouger.
Après des études classiques en France diplômée de Sciences Po Paris et de l’ESCP , Valérie Honnard choisit de devenir artiste.
C’est en Chine puis en Italie que son regard et sa pratique vont profondément se construire.
À Hong Kong et à Pékin, où elle vit pendant neuf ans, elle apprend et intègre à sa pratique les techniques de l’encre de Chine, la peinture sur papier et sur soie, mais aussi la maîtrise du souffle. Un souffle qui devient geste, énergie, respiration.
En 2011, à Pékin, lorsqu’il faut chaque matin vérifier la qualité de l’air avant de sortir, elle fait l’expérience très concrète de l’urgence climatique. Cette conscience du vivant, de sa fragilité et de notre lien à la nature traversera désormais son travail.
Puis elle s’installe en Italie, où elle vivra douze ans. À Rome, passionnée par la Renaissance italienne, elle enrichit sa formation et intègre à son travail des techniques anciennes de peinture et la gravure. Elle y découvre aussi une vision humaniste qui l’amène à explorer, à travers la mythologie, des questions profondément contemporaines : la vulnérabilité, la perte de l’innocence, l’exil, notre rapport au monde.
De ces deux cultures naît une peinture qui ne cherche pas à choisir entre Orient et Occident, mais à faire dialoguer les regards.
Valérie Honnard peint des corps en mouvement, des corps regardés, exposés, aimés, désirés, évités. Elle peint des mains saisies dans leurs gestes : abandonnées, emprisonnées, dansantes ou en attente. Elle peint des visages, qu’elle regarde comme des paysages, avec respect et émerveillement.
Elle peint aussi la mémoire et notre lien à la nature : les arbres, le vent, la terre, le feu.
La couleur y occupe une place essentielle. Certains paysages semblent s’embraser dans des rouges, des oranges ou des jaunes ardents. Mais son univers ne se limite pas au feu : d’autres œuvres explorent des tonalités plus sourdes, plus minérales ou plus douces. Une palette multiple pour dire un monde lui aussi traversé de contrastes.
La terre, la gravure et la sculpture prolongent cette recherche. Changer de matière, changer de geste, c’est pour elle une autre manière de regarder et de comprendre. La gravure l’a également conduite à réaliser plusieurs livres d’artiste, faisant dialoguer l’image, la matière et le récit.
Pour cette exposition, Valérie Honnard a souhaité créer un ensemble qui nous ressemble. Une exposition qui parle de nos aspirations, de nos élans, mais aussi de nos fragilités et de nos risques de chute.
Car le déséquilibre n’est pas nécessairement une faiblesse. Il peut être mouvement, énergie, désir. Il nous oblige à chercher notre point d’appui, à prendre racine tout en continuant d’avancer.
CHERCHER SANS FIN CE QUI NOUS INCENDIE, c’est peut-être accepter cette tension : être ancré et pourtant toujours en mouvement ; regarder le monde avec émerveillement tout en sachant sa fragilité ; chercher ce qui nous anime sans jamais prétendre avoir trouvé définitivement.
Chercher. Encore.
Et rester vivant dans ce mouvement.